Tous les grands singes appartiennent à des espèces menacées d’extinction : il est donc capital et urgent de protéger leur santé et leur qualité de vie dans la nature, en captivité et en semi-captivité. La gestion de la santé des grands singes devrait figurer au premier rang des priorités dans les politiques non seulement parce qu’ils font partie des espèces en danger d’extinction, qu’ils ont une valeur intrinsèque, écologique et économique, mais aussi parce qu’ils sont susceptibles aux mêmes maladies que les humains, ce qui favorise la transmission réciproque.
Si l’on veut atténuer les maladies infectieuses et les risques sanitaires d’origine non infectieuse, touchant les grands singes sauvages, en captivité ou en semi-captivité, il faut s’attaquer aux risques provenant de la prise en charge en captivité, de la destruction de leur habitat et de l’intrusion des humains dans leurs espaces, de la chasse, du trafic et de la captivité illégale, de projets de développement, des catastrophes naturelles, du tourisme et des activités de recherche, des réintroductions, des transferts et des translocations. Le rôle des décisionnaires et des responsables de l’élaboration des politiques est crucial pour susciter l’action, car ils peuvent promouvoir un environnement porteur pour les interventions essentielles des autres parties prenantes. La synthèse pour les décideurs aborde la question de l’impact des politiques sur les grands singes et sur leur habitat, et recommande des bonnes pratiques pour la prévention et la gestion des risques sanitaires pesant sur ces animaux. Par ailleurs, compte tenu des déficits de connaissances qui subsistent, il conviendrait d’entreprendre avec le soutien des décisionnaires des études pour mieux connaître toutes leurs espèces et leurs milieux de vie.