La captivité des grands singes peut prendre des formes variées. On peut les trouver dans des laboratoires biomédicaux, chez des éleveurs et des revendeurs, dans le milieu du divertissement et du spectacle (comme les cirques, les sociétés multimédias et les attractions touristiques), chez des particuliers, dans des centres de sauvetage ou de réadaptation, des refuges et des zoos. Le déplacement de certains grands singes entre ces différentes formes de captivité, par exemple d’un laboratoire vers un refuge, est le reflet du souci grandissant du public pour leur bien-être et la reconnaissance de leur qualité d’êtres sentients.
Ce chapitre en deux parties fait le point sur les grands singes dans les centres de sauvetage, de réadaptation, les refuges et les zoos en traitant notamment de leur bien-être. La première section porte sur la connaissance, la mesure et l’amélioration du bien-être des grands singes captifs. La seconde fournit des statistiques à jour sur les populations de grands singes captifs dans le monde entier.
Principales constatations :
- S’il existe bien des textes régissant la santé des animaux domestiques et la conservation de la faune sauvage, on cherche en vain ceux concernant le bien-être des grands singes captifs, d’où la nécessité d’identifier les lacunes dans les ressources et les failles dans l’application des lois dans chaque pays.
- La demande, puis l’obtention d’un agrément professionnel par les centres de captivité, leur permettent de renforcer les organisations et les aménagements qui favorisent le bien-être de ces primates.
- L’absence de partage d’informations entre les centres nuit à la qualité des statistiques concernant les populations de grands singes captifs, problème accentué par la barrière de la langue, l’incompatibilité des systèmes et le scepticisme à l’égard de l’intérêt de la collaboration.
- La façon dont on comprend le bien-être animal et dont on en parle influe sur les modalités de son évaluation et sur l’utilisation des résultats de celle-ci. Parler du bien-être dans le cadre de sujets peu abordés tels que le trafic et le transfert à visée de conservation peut contribuer au bien-être des grands singes et aux objectifs de conservation, en particulier si les propos reflètent les courants de pensée juridique et scientifique actuels (ainsi que l’opinion publique) sur la sentience animale.
- Un corpus croissant de données précise les équipements de bien-être jugés essentiels aux grands singes hominidés. Les gibbons, quant à eux, reçoivent moins d’attention. Un accord international sur des indicateurs de bien-être spécifiques aux espèces de grands singes n’est actuellement pas envisageable, mais les initiatives en cours montent en puissance et des synergies se créent.