La santé des grands singes est très peu étudiée comparativement à la santé des êtres humains, mais elle est tout aussi complexe. L’organisation sociale des différentes espèces de grands singes est très variée, entre les orangs-outans semi-solitaires, les gibbons vivant en couple et les hominidés africains plus grégaires (bonobos, chimpanzés et gorilles). La vie en groupes sociaux s’accompagne d’un certain nombre d’avantages sur le plan de la santé, mais n’est pas sans inconvénient, surtout en raison de l’augmentation du risque d’exposition aux maladies transmissibles.
Par ailleurs, les grands singes étant nos plus proches parents, nous avons en commun de nombreuses caractéristiques génétiques, anatomiques et physiologiques. Les grands singes et les humains sont susceptibles à des maladies similaires, ce qui facilite la transmission entre nos deux espèces.
Ce chapitre traite des problèmes de santé pour lesquels des données sont disponibles et qui ont un effet connu ou probable sur la conservation ou le bien-être des grands singes sauvages ou captifs.
Principales constatations :
- Les risques sanitaires, les problèmes et les solutions de gestion ne sont pas les mêmes pour tous les grands singes sauvages et captifs.
- La transmission d’agents pathogènes respiratoires des humains aux grands singes est fréquente, que ce soit dans la nature ou en captivité, et peut engendrer une morbidité et une mortalité élevées.
- Les maladies infectieuses menacent gravement la conservation des animaux sauvages, surtout chez les espèces grégaires.
- Les maladies non infectieuses impactent fortement la santé des grands singes captifs.
- Des études scientifiques complémentaires sont nécessaires pour combler le déficit de connaissances, notamment en ce qui concerne des pathologies spécifiques, comme la fibrose myocardique, et la relation entre l’organisation sociale et la santé.