À l’instar des professionnels en santé humaine, le principe « d’abord, ne pas nuire » est depuis longtemps enseigné aux vétérinaires. Le désir de bien faire peut cependant parfois occulter la décision qui serait appropriée. Ce chapitre s’intéresse à la nécessité d’un processus décisionnel avant toute intervention dans chaque situation, ainsi qu’à l’importance de s’appuyer sur les informations et les connaissances scientifiques disponibles pour éclairer et guider ledit processus.
Ce chapitre s’ouvre sur un rappel historique de l’évolution des interventions sanitaires auprès des grands singes. Puis il examine les raisons justifiant une intervention, les compétences garantes de l’efficacité de celle-ci, les enjeux éthiques de la vaccination et les facteurs à même d’éclairer les interventions à l’échelle d’un système, telles que le renforcement des capacités, les progrès technologiques et la disponibilité des boîtes à outils et méthodes adaptées. S’appuyant sur un éventail d’études de cas, sur des sujets aussi divers que l’intervention en l’absence de toute réglementation et l’amélioration des diagnostics, le chapitre passe au crible des scénarios réels qui sont rarement évoqués dans les ressources concernant la gestion de la santé des grands singes.
Principales constatations :
- La décision d’intervenir est forcément fonction du contexte et peut varier selon que les grands singes concernés vivent dans leur habitat naturel ou non et qu’ils sont captifs, habitués ou sauvages.
- Dans les décisions d’intervention, il conviendra de tenir compte de la santé de l’individu, mais également de la population.
- Lors de l’étude d’éventuelles interventions, les bonnes pratiques préconisent d’envisager les risques afin d’éclairer le processus décisionnel à partir de l’évaluation des conséquences en cas d’intervention ou non.
- Les équipes d’intervention en santé des grands singes qui possèdent les qualifications requises (en matière de diagnostic, de compétences vétérinaires et en communication) sont davantage susceptibles d’obtenir des résultats positifs et de les conserver, surtout si elles soumettent leurs procédures de gestion de la santé et du bien-être à un contrôle indépendant.