L’agriculture industrielle, la production d’énergie hydroélectrique, les infrastructures humaines, l’exploitation forestière et les activités minières sont présentes dans tous les pays où vivent les grands singes. Si chacun de ces projets de développement peut avoir un effet mesurable sur l’écosystème environnant, même limité, leur cumul représente l’une des plus grandes menaces pour la survie de ces animaux.
Ce chapitre dresse un panorama des impacts potentiels de ces projets sur les grands singes, des mesures pouvant être prises selon les espèces pour contrer les effets identifiés, et des meilleures stratégies d’atténuation actuellement disponibles pour atteindre des résultats positifs en matière de conservation. Il fait également le point sur certains projets de développement examinés dans les volumes précédents de la série La Planète des grands singes et révèle que certains se sont déroulés comme prévu tandis que d’autres ont été stoppés ou ont changé de propriétaire.
Principales constatations :
- Déjà loin d’être négligeable, le nombre de projets de développement dans l’habitat des grands singes est susceptible d’augmenter au rythme de la demande mondiale d’infrastructures, de technologies et d’énergie.
- Lorsque plusieurs projets de développement ont lieu dans un même habitat, le cumul de leurs impacts entrave la connectivité des populations de grands singes et représente une sérieuse menace pour leur viabilité à long terme.
- Les conséquences des projets de développement ne sont pas les mêmes dans l’ensemble des sous-groupes et espèces de grands singes, d’où la nécessaire adaptation des mesures d’atténuation en fonction des populations ou des espèces.
- Diverses stratégies d’atténuation visent à réduire les impacts des projets de développement sur la biodiversité, mais rares sont celles qui concernent spécifiquement les grands singes.
- Par les conseils qu’il prodigue, le groupe de travail « Avoid, Reduce, Restore and Conserve » de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature peut faire le lien entre les parties prenantes des projets de développement d’une part et les primatologues et les acteurs de la conservation de l’autre.
- Des travaux de recherche supplémentaires s’avèrent nécessaires sur le long terme pour évaluer les impacts de ces projets sur les grands singes ; leurs conclusions pourront servir à améliorer les actions d’atténuation.
Des estimations d’abondance des grands singes vivant dans leur habitat naturel sont fournies dans l’annexe sur l’abondance, uniquement consultable en ligne.